Oral de conservateur d’état, externe

Dans la série Concours qui a lieu sur ce blog depuis juillet, voici le compte-rendu de Monavalotte, qui vient de réussir conservateur :-)

Ayant passé « pour voir »[1] les écrits du concours de conservateur d’État des bibliothèques en avril dernier, il s’est trouvé que finalement le sujet de dissertation m’avait plutôt inspirée[2], et que la note de synthèse[3] avait assez bien marché. Je me suis donc retrouvée admissible le 18 juin, passablement stressée car bien évidemment je n’avais pas ouvert un cahier depuis les écrits, et ne savais même pas précisément en quoi consistaient les épreuves.

Ce billet a pour but non pas de décrire comment je me suis préparée, en un temps très court, aux épreuves orales de ce concours, mais de donner un aperçu du contenu de ces exercices, dans la mesure où les annales et rapports de jury sont assez rares et peu prolixes[4], du fait de la relative nouveauté de la réforme[5].

J’utilise comme trame de ce billet la trace écrite « à chaud » au sortir des épreuves, qui m’avait été demandée par les collègues qui m’ont aidée à préparer les oraux et à gérer mon stress, ce dont je les remercie vivement. C’est ce compte-rendu que Liberlibri a eu entre les mains et qu’elle m’a proposé de publier ici.

J’étais convoquée sur deux jours à la maison des examens à Arcueil, lieu où s’étaient déroulés les écrits, et plutôt en fin de journée à chaque fois (avec des retards et donc de l’attente à gérer). J’ai passé la culture générale en fin d’après midi le premier jour, puis l’épreuve de langue en fin de matinée le lendemain et enfin la motivation professionnelle le soir.


1) EPREUVE DE CULTURE GENERALE

a) Petit rappel des textes qui définissent l’épreuve :

« Conversation avec le jury sur une question de culture générale débutant par le commentaire d’un texte tiré au sort au début de l’épreuve et portant sur le programme – (préparation : 30 min., durée de l’épreuve : 30 min., dont commentaire : 10 minutes maximum, entretien avec le jury : 20 minutes minimum ; coef.5″

b) Mon expérience de l’exercice :

  • Le sujet :

J’ai tiré un texte de 1840 du Dr RL Villermé , « Tableau des conditions de vie des ouvriers des manufactures de coton, laine, soie »[6]. Le texte traitait des mutations économiques liées à la mécanisation de l’industrie au XIXème siècle et e ses conséquences.

  • Le jury :

Il était composé de 4 personnes, une femme et trois hommes, en majorité des conservateurs affectés dans de gros SCD dans toute la France, et une personne en poste au ministère.

  • Questions posées par le jury (dans cet ordre là d’après mes souvenirs) :

- Pensez vous que la situation économique décrite ici et dont vous avez dit en conclusion qu’elle portait en germe l’économie capitaliste appelée à se généraliser a beaucoup évolué ? Dans quelles mesures? Comment décririez-vous l’économie aujourd’hui ? Est-il bon de réguler l’économie, les prix ? etc.

- La littérature, la peinture ont abondamment traité de la mécanisation, pouvez-vous nous dire comment cela a été traité en musique ?

- Parlez-nous du prix unique du livre. Qu’en pensez-vous ? Est-ce une bonne chose ? Quel(s) autre(s) produit(s) bénéficient également d’un prix fixe ? Que pouvez-vous nous dire des interactions / impacts  possibles entre Internet et le prix unique du livre ?

- Vous avez parlé de rapports et de projets impulsés par le ministère à propos des questions liées à Internet et au téléchargement, citez-nous certains de ces rapports, pouvez-vous développer ?

- Parlez nous du surréalisme.

- Si je vous dit « provocation », comment l’analysez vous par rapport au surréalisme ?

- Et Marcel Duchamp ?

- Aragon a débuté par une période surréaliste, comment a-t-il évolué ensuite ? Citez-nous des titres de romans de cet auteur.

- Pouvez-vous nous parler de la mondialisation ?

- Quelles instances de régulation à plus grande échelle peuvent chapeauter l’économie ?

- Qu’est ce que l’espace de Schengen ?

- Balzac et Marx ont eux aussi parlé, commenté, vécu à l’époque à laquelle se rapporte le texte,  que pouvez-vous nous dire de ces deux personnages ?  Présentez-les nous.

- Où se localisait en France l’industrie textile à cette époque ? Y en avait-il à Paris ? Pourquoi le texte est-il daté et suivi de la mention « Paris » ?

- Qu’est ce que le Conseil d’État ? Quel est son rôle ? Concrètement dans le cadre de ce concours, en quoi peut-il vous être utile ?

- Si l’on décidait de supprimer le statut des fonctionnaires, quelles conséquences cela aurait-il selon vous ? De quand date le statut des fonctionnaires ? Dans la mesure où il date de 1946 (plus précisément de 1944 mais refondu en 1946 pour des raisons idéologiques), comment expliquez-vous que l’on ait pu s’en passer si longtemps ?

- En quoi peut consister la modernisation de l’État ? Donnez-nous des exemples concrets.

- Si je vous dit « familistère », qu’est ce que cela vous évoque ? Vous parlez des utopies socialistes du 19e siècle, est ce que cela est resté seulement une utopie ? A qui pensez vous en répondant par la négative, quelles réalisations pouvez-vous citer et à quelle époque ?

2) EPREUVE DE LANGUE

a) Petit rappel des textes qui définissent l’épreuve :

« L’épreuve se déroule en deux parties.

La première partie[7] consiste en la traduction écrite en français d’un texte en langue vivante étrangère (allemand, anglais, arabe moderne, chinois, espagnol, italien, japonais, portugais, russe) ou d’un texte en langue ancienne (latin ou grec), au choix du candidat exprimé lors de l’inscription au concours. L’usage d’un dictionnaire bilingue est autorisé pour les langues anciennes ; l’utilisation d’un dictionnaire unilingue est autorisé pour les langues modernes ; chaque candidat ne peut être muni que d’un seul dictionnaire. Cette première partie se déroule par anticipation à l’occasion des épreuves écrites d’admissibilité, mais les points sont pris en compte pour l’admission dans le cadre de la présente épreuve de langue. Elle a une durée de 2 heures.

La deuxième partie[8] consiste en la traduction orale en français d’un texte court en langue vivante étrangère (allemand, anglais, espagnol, italien, portugais), au choix du candidat exprimé lors de l’inscription au concours, suivie d’un entretien avec le jury dans la langue choisie. Cette langue doit être différente de celle qui a été choisie pour la première partie de l’épreuve. L’utilisation d’un dictionnaire unilingue est autorisé pour la préparation ; chaque candidat ne peut être muni que d’un seul dictionnaire. Cette deuxième partie a une durée de 30 minutes, dont traduction : 10 minutes maximum, conversation avec le jury : 20 minutes minimum ; la durée de la préparation est de 30 minutes.

L’épreuve est affectée du coefficient 2, chaque partie étant notée de 0 à 10. »

b) Mon expérience de l’exercice :

Pour ma part, j’avais choisi de passer l’espagnol à l’oral.

  • Le sujet :

J’ai tiré un texte présentant le plan « lecture »[9] du ministère de l’éducation nationale argentin, signé Margarita Eggers Lan, la coordinatrice nationale du plan.

  • Le jury :

Il se composait de deux femmes, une enseignante et un conservateur des bibliothèques.

  • L’ épreuve :

Avant tout il m’a été demandé de lire un assez long[10] passage du texte.

Puis, il m’a fallu traduire le passage à préparer (pas de vocabulaire très difficile mais  un extrait assez long Paragraphes 6, 7, 8 par rapport au temps de préparation dont on dispose, et une ou deux tournures plus délicates à traduire)

À l’issue  de ce premier exercice, j’ai eu à répondre à une première série de questions visant à reprendre / améliorer la traduction.

On m’a ensuite demandé de réagir librement par rapport au texte, puis des questions que l’on peut regrouper en ensembles thématiques m’ont été posées pour élargir la discussion.

L’entretien a d’abord porté sur le texte, ce que j’en pensais (autour d’une mesure particulière du plan, présentée dans le texte, à savoir l’intérêt de rendre la lecture à haute voix par les enseignants obligatoire à l’école tous les jours, dans le but de réduire les inégalités culturelles, sachant que c’est le parti-pris du gouvernement argentin et que des auteurs et pédagogues étaient cités, dont Daniel Pennac)Comme un roman  .

Des questions  m’ont également été posées sur l’enseignement de la littérature à l’école, sur le fait que lire participe aussi de l’apprentissage de la langue.

J’ai ensuite dû parler de mon expérience, si j’en avais une, de l’enseignement, notamment en école primaire.  Cela a abouti à des échanges autour du rôle des bibliothèques (j’avais parlé de mon intervention dans les classes en vue de préparer la venue d’un auteur jeunesse, en tant que bénévole dans une petite BM dépendant de la BDP), sur les réactions et impacts suscités par cette intervention en classe, sur mon expérience de bénévole, sur l’articulation de la BM avec le bibliobus, sur le maillage des bibliothèques dans les petites communes rurales et sur la nécessité / ou pas que chaque commune ait sa bibliothèque.

Enfin, nous avons parlé du rôle de la numérisation, des bibliothèques virtuelles, de leurs avantages / inconvénients en milieu rural, de l’intérêt que peut présenter ce support pour les enfants et adolescents (attractif / dangereux etc.), des autres médias / supports qui se développent parallèlement aux livres et des conséquences que cela a dans l’apprentissage de la lecture et du fait d’être lecteur (etc.)…

3) EPREUVE DE MOTIVATION PROFESSIONNELLE

a) Petit rappel des textes qui définissent l’épreuve :

« Entretien avec le jury sur la motivation professionnelle débutant par le commentaire d’un texte tiré au sort au début de l’épreuve et relatif à une situation professionnelle, hors contexte des bibliothèques (préparation : 30 min., durée de l’épreuve : 30 min. dont commentaire : 10 minutes maximum, entretien avec le jury : 20 minutes minimum ; coef. 4) »

b) Mon expérience de l’exercice :

  • Le sujet :

J’ai été interrogée sur un texte tiré de Travail et changement n°319, de mai-juin 2008, traitant de la mise en place du SAS (système d’adaptation spécifique) au sein de la municipalité d’Angers, en vue de répondre au problème des agents ne pouvant effectuer le même travail sur toute la durée de leur carrière, notamment dans le milieu de l’action sociale.

  • Le jury :

Le jury comportait 4 personnes, une femme et trois hommes dont un du ministère de la culture, les autres étant conservateurs dans des SCD de grandes villes françaises. Pour cette épreuve, les jurés étaient moins directifs et laissaient plus de « cartes à jouer » au candidat, (par rapport à l’épreuve de culture générale). À lui d’en profiter et de se mettre en valeur…. Le directeur du jury était le vice-président du concours.

Petit détail pratique : j’ai changé de jury à la dernière minute car malgré un signalement effectué le matin même par le juré en question, les appariteurs s’étaient trompés et devaient me faire passer dans le jury où officiait quelqu’un avec qui je suis ammenée à travailler actuellement pour la bibliothèque. Il ne faut donc pas hésiter à signaler ce genre de petits soucis aux appariteurs avant d’entrer dans la salle lorsque l’on prend connaissance des noms des jurés sur la porte avant d’entrer (quand on en a le temps).

  • L’épreuve :

Les premières questions ont porté autour du texte et des parallèles / transpositions que l’on peut établir avec les bibliothèques :

- Peut-on avoir ce type de problème en bibliothèque ? Que peut-on alors envisager ? Et si les magasiniers que vous prenez en exemple ont trop de soucis de santé pour suivre ces préconisations, que peut-on faire ?

Ensuite l’entretien a tourné autour de mon expérience professionnelle, de ma scolarité,, de mes motivations dans leurs moindres détails, avec des questions du type :

- Parlez nous de votre parcours professionnel : où êtes vous en poste ? Qu’avez vous fait avant ? De quoi êtes vous chargée actuellement ?

- Série de questions autour de cette problématique et de ce que cela changerait si j’étais conservateur, questions sur mon expérience en général et mon expérience d’encadrement en particulier à la Sorbonne, sur mon sentiment d’être prête ou non à l’assumer etc.

- Comment en êtes vous venue à vouloir faire ce métier ?

- Pourquoi passez-vous ce concours ? Pourquoi la filière État ? Avez-vous passé le concours en territoriale ? Pourquoi ? – Quel serait votre profil de poste idéal? En avez-vous une idée folle ou irréalisable mais très précise dans l’hypothèse où tout est possible, ou plus vague ? Pourquoi ?

- Quel est votre parcours scolaire ? Pourquoi avez-vous suivi cette voie ? (et pour chaque étape : Où? Quel établissement ? En quelle année ? : le jury fouille vraiment le parcours scolaire et professionnel dans ses moindres détails, même pour les externes)

- Avez-vous passé des concours ? Pourquoi ? Pourquoi vous êtes-vous intéressée aux bibliothèques alors que vous n’étiez qu’en licence ? Pourquoi ne pas avoir continué en master ?

- Quelle question me poseriez-vous si j’étais à votre place et vous dans le jury ?  Une question très précise ? Répondez à cette question que vous auriez-vous même posée.

Enfin j’ai eu à réagir face à un cas pratique : vous êtes juste nommée dans une toute petite BUFR, en poste depuis le matin même, on vous a donné en cadeau de bienvenue la permanence de 19h le soir, vous êtes avec un BAS et un magasinier. L’alarme incendie  se déclenche à 18h30, que faites-vous ? (exposé suivi d’une série de questions à partir de ma réponse)

À l’issue de l’entretien, il restait peu de temps, j’ai eu droit à une dernière question : il vous reste 45 secondes, convainquez-nous que vous devez être reçue à ce concours dans ce temps donné.

4) Quelques remarques plus globales sur le déroulement des épreuves :

D’une façon générale, sur le plan matériel et de l’organisation (ça compte aussi, y compris dans la préparation, pour savoir à quoi s’attendre, bien que chaque session ait ses caractéristiques et lieux propres) :

Globalement les appariteurs étaient très prévenants et attentionnés (par rapport à d’autres expériences, pour BAS notamment)

Par contre, j’ai attendu entre 1h et 2h15 avant chaque épreuve, et je suis toujours passée dernière devant les jurys en toute fin de journée ou avant la pause déjeuner. Donc beaucoup de temps morts à gérer et pas vraiment de choix des textes dans le tirage au sort. De là à penser que les jurés ont fait en sorte de n’entendre qu’un seul candidat par texte… ?

Les locaux étaient plus agréables que pour les écrits, pas trop chauds, assez de toilettes et fontaines d’eau fraîche à disposition. En revanche, il n’y avait qu’une seule salle d’attente un peu trop petite à certaines heures. L’accès aux bâtiments était réglementé par le badge des appariteurs, qui venaient chercher les candidats toutes les  heures seulement (problème d’abri pour la pause déjeuner par exemple, étant donné la configuration d’Arcueil. Ceci dit, c’était pareil à l’écrit sauf qu’il faisait nettement moins bon dehors et qu’il y avait bien trop de monde pour la petite cafétéria du site, il suffisait donc d’être prévoyant….).


[1] C’est-à-dire sans suivre aucune préparation, que ce soit Médiadix ou le CNED, ni en travaillant spécifiquement les épreuves, mais simplement en lisant assez régulièrement la presse professionnelle et en faisant un peu de veille sur le net

[2] Composition de culture générale sur un sujet élaboré à partir des questions du programme permettant d’apprécier l’aptitude du candidat à analyser une question donnée et à exposer de façon claire et ordonnée une problématique – 5h ; coef. 3. Le sujet était : « Réalités et réalisme dans l’art du XXème siècle »

[3] Note de synthèse établie à partir d’un dossier comportant des documents en langue française – 4h ; coef. 3. Sujet sur l’enseignement des sciences et notamment l’intérêt de l’épistémologie

[4] Des exemples de textes donnés aux candidats ne sont jamais proposés dans leur intégralité notamment

[5] Arrêté du 5 octobre 2007 fixant les modalités d’organisation du concours externe et interne de recrutement des conservateurs stagiaires, élèves de l’ENSSIB. Il s’agissait seulement de la deuxième édition de ce concours dans sa nouvelle version.

[6] Texte téléchargeable sur http://classiques.uqac.ca/classiques/villerme_louis_rene/villerme_louis_rene.html. Aller au chapitre 10 de la deuxième partie, « Influence des machines modernes et de l’organisation actuelle de l’industrie sur le sort des ouvriers ». Il s’agit des3 premiers paragraphes.

[7] Qui se déroule en fait en même temps que les écrits

[8] Celle qui nous intéresse ici

[9] Pour en savoir plus sur le plan « Lectura » du Ministère de l’éducation Argentin, http://planlectura.educ.ar/acerca_de/

Le texte que j’ai eu à commenter est accessible à l’adresse http://www.oei.es/metas2021/expertos08.htm

[10] Du début du texte jusqu’au début du passage à traduire.

Comments (25)

Olivier Tacheauseptembre 15th, 2009 at 22:54

Formidable compte rendu. Rappelle de bons/mauvais souvenirs. Balzac, Marx, Duchamp, Surréalisme, Aragon, Familistère, industrie textile au XIXème s…. du monumental, du légitime, du classique, de l’estampillé par le temps, du scolaire… amis candidats, préparez vos petites fiches, apprenez vos dates, révisez vos classiques, jouez au Trivial Pursuit, regardez Questionq pour un champion et concentrez-vous sur l’essentiel : Saint Simon, Bossuet, Mazarin, Fragonard, Nerval, Valéry, Machiavel, Mozart, Hugo, Keynes, Richelieu, de Sévigné, Rembrandt, de Vinci, Delacroix, Clémenceau, Barrès, Malraux, Platon, Mauriac, Claudel, et oubliez : Beckett, Chaplin, Simenon, Tolkien, Foucault, Lehane, Davis, Hitchcock, Carver, Lynch, Modiano, Koestler, Hendrix, Lanzmann, Nouvel, Bourdieu, Saramago, Onfray, Rouaud, Huston, Hopper, Parr, Saint-Laurent, Calder, Roth, Camus, Cartier-Bresson, Sollers, Starck, Preminger, Cragg, Levi, Rebeyrolle, Ellroy… toute cette culture dont ne vous parlerons jamais vos futurs usagers et qui n’est rien, pour le jury.

thomasseptembre 15th, 2009 at 23:09

Limite déprimant ce billet. Les questions paraissent toutes déstabilisantes et hors de portée. Pfff.

liberlibriseptembre 15th, 2009 at 23:26

@Olivier : quoi? il faut donc que j’achète la télé pour ingurgiter du Lepers? ;-)
@Thomas : j’ai la même impression mais je refuse de déprimer. Allons, haut la souris :-)

Olivier Tacheauseptembre 15th, 2009 at 23:47

@liberlibri : non, tu peux te faire offrir le coffret-jeu version deluxe pour Noël

Monavalotteseptembre 15th, 2009 at 23:57

Oh là là mon but n’était absolument pas de déprimer les gens avec ce compte rendu, mais plutôt de donner des annales complètes (avec les textes tirés en sujet, ce qui n’est jamais dans les rapports de jury ou dans les préparations où l’on parie en général sur un article du Monde, bien loin de ce cher Docteur Villermé) pour se faire une idée concrète de l’exercice (notamment pour l’étrange épreuve de motivation professionnelle sur un texte hors contexte des bibliothèques). J’obtiens l’effet inverse de panique bien malgré moi !

Psst : vous avez remarqué que je ne me suis pas risquée à donner un corrigé aux exercices ? Tout simplement parce que :
1) ce n’est pas parce qu’elles m’ont été posée que j’ai forcément su répondre à toutes les questions !
2) il s’agit d’un concours et que le jury teste jusqu’où va votre culture générale ! Il attend au bout d’un moment la réponse « je ne sais pas » et ne vous en veut pas, du moins je pense, de ne pas savoir qui est John Cage ou quel est le dernier titre publié par Aragon chez Gallimard entre la chute de son premier cheveu blanc et le jour où il a quitté les Lettres françaises ;-)

@OTacheau
Hum, il faut dire que j’ai eu de la chance, pour une fois : le sujet de dissert’ à l’écrit sur l’art contemporain, puis des questions sur Duchamp, le surréalisme, le bruitisme etc. en culture gé, en ayant fait un bac Arts Plastiques (ce qui m’a pas mal été reproché mais dont je suis assez fière et qui m’a vraiment permis de passer le cap de l’écrit ici je pense, comme quoi finalement…), c’était complètement mon domaine.
Mais par contre, c’est vrai qu’au quotidien dans mon travail à la bibliothèque comme BAS, à part très occasionnellement pour répondre à des questions sur Rue des Facs dans le pétale « Arts », ces connaissances ne me sont pas utiles (les choses seraient peut-être différentes si je faisais des acquisitions cependant).
En revanche, je pense que pour les deux autres oraux, et pour l’épreuve de motivation professionnelle notamment, ma (courte) expérience dans le monde des bibliothèques, que ce soit comme bénévole, stagiaire, contractuelle ou BAS m’a guidée / rassurée. Et c’était déjà vrai pour les oraux de BAS.
Donc finalement, comme de toute façon l’évaluation de la culture générale reste difficile et subjective, je trouve que la nouvelle version du concours qui la cantonne bien, à l’oral, à une seule épreuve, est plutôt bien vue. Je n’ai par exemple eu aucune question, au cours du « matraquage » sur mon parcours scolaire / professionnel, du type « quel est votre roman préféré » ou « quel est le dernier film que vous avez vu », ce qui se trouve à la frontière des deux épreuves et peut sortir, d’après témoins, au concours de bibliothécaire.

Stéphanieseptembre 16th, 2009 at 09:15

Tout cela réveille de sombres souvenirs du même oral passé il y a quelques années (2006 ?) : des questions qui fusaient dans tous les sens, passant de Napoléon à la poésie contemporaine en une question … Je me souviens même avoir parlé du Mali, mais je me demande bien ce que j’ai pu en dire. Pour couronner le tout, une savante mise en scène faite de plongées et contre-plongées, moi assise au milieu de la salle, à une petite table, et le jury derrière un long bureau, sur une estrade.

RMseptembre 16th, 2009 at 10:00

@Otacheau : Veuillez m’excuser mais je trouve votre réponse désolante. Cette volonté de faire croire qu’il existe deux cultures distinctes, celle des vieux c… et celle des jeunes dans le vent ne repose sur rien d’autres que sur vos fantasmes.
Les « out » qui lisent la Princesse de Clèves et les « in » qui écoutent les Rolling Stones ?

Avec en plus un joyeux mélange de tout et n’importe quoi : je ne pense pas qu’il existe de personnes plus intégrées au système universitaire et intellectuel actuels que Bourdieu ou Foucault ; Simenon est publié dans la Pléiade ; que dire de Beckett et de bien d’autres ? Vous mélangez en plus des très grands artistes (Chaplin, Roth, Preminger…) et des pseudo-intellectuels surfant sur l’ignorance et les idées reçues de leur lectorat (Onfray).

Il serait bon que l’on cesse de tenter de nous faire croire aux artistes maudits ou à l’establishment qui nous cache la vérité. Si vous n’y arrivez pas, partez donc du principe que vous n’êtes pas exceptionnel et que votre culture, c’est la culture normale d’un conservateur du début du XXIe siècle, y compris Hendrix et Lanzmann. Si vous n’y arrivez toujours pas, lisez donc Lahire et quelques sociologues de la culture (mais je ne doute pas que vous les connaissiez déjà) au lieu de rester sur des schèmes des années 70, plus militants que scientifiques.

En entendant tel homme politique dire des bêtises grosses comme lui sur la crise de 29, un premier ministre pourtant intelligent croire que Gambetta a eu un rôle dans l’Affaire Dreyfus, la plupart des décideurs – qu’ils soient économiques ou politiques – prendre des décisions sur un plan purement horizontal, en étant incapables d’analyser l’origine d’un problème par manque de connaissances historiques et, partant, de penser aux conséquences à plus de 5 ans, je me dis qu’il n’est pas scandaleux de demander à un cadre de la fonction public de posséder un minimum de culture. Celle qui est commune à tous, celle qui permet de faire société en partageant des références, des valeurs, un passé et un avenir. Celle dont les « managers » sont persuadés que tout le monde se fout… jusqu’à ce que la Princesse de Clèves, sur laquelle on pensait pouvoir taper sans risque, multiplie soudainement ses ventes parce que certaines personnes pensent qu’on peut lire Mme de La Fayette ET Saramago. Et même – tenez-vous bien – qu’on ne peut comprendre pourquoi Saramago écrit ainsi que si l’on connaît la Princesse de Clèves. Incroyable, non ?

Bref, ce qui est pardonnable dans la bouche d’un adolescent de 15 ans, qui repousse gauchement une culture qu’il croit être uniquement celle de ses parents, est beaucoup difficile à entendre dans celle d’un directeur de BU.

dbourrionseptembre 16th, 2009 at 10:10

C’est moi ou on ne parle jamais des usagers et du rapport qu’on peut avoir avec eux, à l’oral de cons’ ?

MxSzseptembre 16th, 2009 at 11:06

@otacheau et @dbourrion, j’ai l’impression que vous faites l’impasse sur l’épreuve de motivation professionnelle.

PLus généralement, que peut-on tirer d’un cas individuel comme celui de Monavallote ? Moi, on m’avait interrogé sur Bourdieu, Debray (équivalent d’Onfray pour les sciences sociales)… Et j’avais tiré un article du Monde sur Doris Lessing. So what ?

liberlibriseptembre 16th, 2009 at 12:15

@Stéphanie : décidément, j’ai l’impression que cet oral laisse une impression désagréable à beaucoup de candidats!
@RM et OT : il paraît évident de pouvoir s’appuyer sur une culture solide pour aborder la vie professionnelle, dans n’importe quel domaine d’ailleurs. Pourtant, certaines questions sont tellement pointues que le concours peut paraître inabordable et les perspectives d’avenir bien sombres pour certains B dont je suis. Je n’ai qu’à réviser, je sais ;-)
@dbourrion : si seulement il n’y avait qu’à l’oral de cons’ qu’on ne parlait pas d’eux…
@MxSz : l’épreuve professionnelle est toute récente, me semble-t-il. Il était plus que temps qu’elle soit mise en place.

Nadineseptembre 16th, 2009 at 12:58

Il me semble évident que la culture d’un conservateur de bibliothèque (Etat ou FPT) doit être aussi vaste que possible et qu’elle ne forme pas un tout définitivement clos. Il me semble tout aussi évident que personne ne sait tout sur tout – Wikipedia, Google et l’Universalis ne se présentent pas aux concours, n’est-ce pas ? Le but des épreuves orales est peut-être de mesurer le degré d’inculture des candidats (je dis cela sans cynisme) et surtout leur capacité à réagir face à une question délicate. On retrouve là une situation fréquente dans la vie professionnelle de tout cadre responsable d’un établissement ou d’un service.
A l’oral de langue du concours de bibliothécaire territorial, j’ai été interrogée sur les conflits inter-ethniques au Nigéria, dont j’ignorais totalement l’existence. Cela ne m’a pas empêchée d’être reçue. Je suis devenue, par la suite, plus attentive aux pays africains…

Bravo pour ce compte rendu très clair, utile aux futurs candidats.

Marie Hseptembre 16th, 2009 at 14:48

Moi aussi, cela m’a rappelé le mauvais souvenir d’un oral qui m’avait semblé ressembler plus à « questions pour un champion » qu’à un entretien de recrutement. De Le Clezio en passant par Higelin et la guerre civile espagnole en ayant juste le temps de savoir qui a posé la question pour au moins lui répondre dans les yeux.
Je suis bien contente qu’ils aient ajouté une épreuve professionnelle (les questions ci-dessus prouvent qu’elle peut être de bon niveau) qui permet d’ancrer un peu plus le concours dans la vie et de nous laisser le choix d’expliquer qu’on veut être conservateur parce que c’est le même métier que bibliothécaire mais que c’est mieux payé (seule réponse donnée par les conservateurs à qui je posais la question) – je dirais peut-être pas tout à fait comme çà ;-) . En revanche, avec 2 langues obligatoires, je suis larguée … y avait qu’à l’avoir la première fois !!!
De plus, je trouve plutôt bien que les cadres de la fonction publique est une culture gé bien meilleure que n’importe quels anciens d’une école de commerce (ce que je suis aussi !!), je regrette cependant que la suppression du commentaire de texte scientifique laisse la part trop (?) belle aux Humanités.

Cocoseptembre 16th, 2009 at 15:59

Assis derrière son ordi, c’est pas si effrayant que ça (le jour J avec le stress je dirais pas pareil!!!). La difficulté principale semble être de rassembler rapidement ses idées, ce qui est de moins en moins évident plus on s’éloigne de ses études. Comme mes collègues ne me bombardent pas de questions de culture G toute la journée…
Ceci dit, je me rétamerais en langues à l’oral.
Et pi conservateur, c’est comme bibliothécaire mais avec plein d’emmerdes en plus. Je laisse la paye, je préfère être tranquille!
En tout cas bravo @Monavalotte ^^ et à ceux qui ont réussi ce concours difficile

Olivier Tacheauseptembre 16th, 2009 at 17:44

@RM : je suis désolé de vous désoler. Je ne cherche rien à faire croire, c’est bizarre que vous ayez toujours ce réflexe… Je ne pense pas non plus qu’il y ait d’un côté les « vieux cons » et de l’autre les « jeunes dans le vent ». Je fais juste un constat : le socle de culture générale invoqué lors du recrutement des conservateurs est orienté et je ne comprends pas pourquoi, au regard du métier que nous exerçons. S’il s’agit de tester la réactivité du candidat et sa capacité à dire ce qu’il sait ou ne sait pas, pourquoi ne pas le faire de façon plus extensive ? S’il s’agit, comme le disent les rapports de jury « de mesurer au mieux l’étendue de la culture générale des candidats » alors cette restriction me paraît désolante, voire discriminante, autant que le fait qu’il faille bachoter pour passer une épreuve de culture générale. C’est justement là qu’il faudrait juger de la curiosité, de l’initiative, de l’affirmation des goûts et de la manière de les présenter, de se les représenter et de les resituer dans un paysage culturel plus large.
Pour ce qui est des références, votre analyse est louable mais sans issue. Je les ai trouvées en tournant juste la tête vers ma bibliothèque lors de la rédaction de mon commentaire. Et oui, la culture générale c’est ça, « un joyeux mélange de tout et de n’importe quoi » aussi utile pour affronter la vie professionnelle que la culture légitime.
Deux petites choses encore qui m’étonnent : Pourquoi toujours taper sur Debray et Onfray ? On a bien compris que vous les dépassiez et vous en passiez. Au passage, sont-ils seulement réductibles au statut de pseudo-intellectuels ? Pourquoi considérez-vous que mon point de vue est d’autant plus choquant dans la bouche d’un directeur de BU ? Cela heurterait-il vos représentations professionnelles ?

Monavalotteseptembre 16th, 2009 at 18:41

@dbourrion Les rapports aux usagers, les services et le web 2.0 en bibliothèque, personnellement je ne suis en effet jamais tombée dessus à l’oral, mais par contre les sujets d’écrit de BAS et d’Assistant qualifié des bibliothèques de la session 2008 posaient nettement la question (enfin je les avais interprétés ainsi et cela avait payé, j’ai été reçue aux deux). Pour BAS, l’oral de culture professionnelle traitait des SIGB en bibliothèque et les conservateurs du jury maitrisaient les questions autour des opacs 2.0 et attendaient que l’on fasse le lien entre les innovations de ces technologies et les besoins / apports pour les lecteurs. Donc je ne pense pas que ces questions au cœur des réflexions professionnelles soient sciemment écartées des concours.

Monavalotteseptembre 16th, 2009 at 19:32

Il y a quelque chose qui me chiffonne dans ces commentaires : les plus hostiles et vifs à décrier l’épreuve de culture gé (une parmi d’autres, et parmi celles qui n’ont pas tellement changé entre ancienne et nouvelle mouture du concours) sont eux-mêmes…conservateurs….qui ont donc passé et pas complètement raté cette épreuve…. et disposent par conséquent de cette culture générale…. Alors ? De toute façon tout le monde sait bien qu’un concours en général, pas seulement en bibliothèque, est en soi potentiellement injuste dans sa façon d’évaluer les gens (il n’y a qu’à penser au recrutement des enseignants, entre les puits de science et ceux qui ont la fibre pédagogique, qui a le plus de chance de réussir le concours à votre avis ? Et pourtant, les deux ne sont pas non plus incompatibles, et il existe aussi des justes milieux ! )

Et puis @MxSz a raison : il ne s’agit que d’UN EXEMPLE…

Stéphanieseptembre 16th, 2009 at 19:34

Le plus drôle concernant le concours de conservateur, c’est les modalités d’inscription au concours interne : on doit pouvoir justifier de 7 années de service dans un emploi de niveau B minimum ! Alors que pour passer l’ENA, 4 ans d’ancienneté suffisent … C’est dire comme le métier est noble.
NB : et en plus il semble qu’il n’y ait pas de critère de catégorie pour l’ENA http://www.ena.fr/index.php?page=formation/initiale/concours/interne

liberlibriseptembre 16th, 2009 at 20:25

@Nadine : c’est très vrai ce que tu dis. Les jurys aiment nous prendre en défaut pour savoir comment nous réagissons. C’est angoissant mais formateur. Et merci pour le compliment fait @Monavalotte, je transmets ;-)
@Marie H : un jour, nous aurons des scientifiques dans les bibliothèques. Un jour…
@Coco : « conservateur, c’est comme bibliothécaire mais avec plein d’emmerdes en plus » C’est à l’IUT qu’on t’a appris ça, au moins? ;-)
@Olivier Tacheau : si le jury m’interrogeait sur le dernier record du cent mètres, je serais bien ennuyée! Cela dit, quel renouveau dans la profession si c’était le cas ;-)
@Stéphanie : j’ai du mal à comprendre ces 7 ans moi aussi. Pour l’agrégation, on demande seulement 4 ans. Je serai dix fois trop rouillée dans 7 ans….

MxSzseptembre 17th, 2009 at 13:29

En fait, je crois qu’on se prend bien la tête, mais qu’il y a deux choses à retenir:

- l’épreuve de « culture gé » pose problème, puisque son périmètre est théoriquement infini mais, dans les faits, correspond à des choses socialement et historiquement très, voire trop situées. Mais n’est-ce pas le cas pour d’autres concours – et je ne parle pas de l’ENA, voyez l’épreuve de hors programme à l’agrég d’histoire ou à celle de géographie ? Là on en revient à des débats vieux comme mes robes, sur l’idée même du concours, sur les épreuves…

- le véritable scandale, il est dans cette période de 7 ans, qui est aberrante, pour accéder au concours interne.

liberlibriseptembre 17th, 2009 at 16:25

@Monavalotte : et moi qui me demandais pourquoi tu n’intervenais pas ! Par un mystère que je ne m’explique pas, tu étais passée en spam :-( Tous tes comm sont là maintenant et je te rejoins complètement dans tes propos ! Pas pour rien que tu as un accès auteur sur ce blog ;-)
@MxSz : même le septennat présidentiel, ils l’ont réduit. Pourquoi pas ce malheureux petit concours alors?

phellyseptembre 18th, 2009 at 14:49

@MxSz « l’épreuve de « culture gé» pose problème, puisque son périmètre est théoriquement infini mais, dans les faits, correspond à des choses socialement et historiquement très, voire trop situées. »

J’ai du mal à réaliser en quoi c’est trop situé. Au-delà des curiosités individuelles des uns et des autres, qu’Olivier Tacheau regrette de voir insuffisamment explorées, il y a bien un socle commun non? Ce qu’il FAUT savoir et ce qu’il est moins obligatoire de savoir quand on postule à une place importante dans le milieu universitaire…

N’oublions pas que nous exerçons ensuite dans un milieu d’enseignants qui possèdent eux-mêmes cette culture si orientée selon vous, et qui ne comprendraient pas qu’un conservateur de bibliothèque soit incapable de dire par exemple quelques mots censés sur Balzac et Marx. Alors qu’Ellroy, c’est du bonus.

Si le socle commun en question devait être élargi (mais dans ce cas cela rendrait cet épreuve d’oral encore plus délicate), ce devrait être à mon avis non pas du côté de Simenon ou Chaplin, mais du côté de la culture générale scientifique : quelqu’un a-t-il déjà été interrogé à l’oral du concours de conservateur sur les trous noirs ou sur la biochimie? :-D

@Olivier Tacheau : je ne comprends pas en quoi l’analyse d’RM sur vos références ne vous convient pas, car pour moi elle fonctionne. Je n’ai toujours pas compris sur quels critères vous avez supposé dans votre premier commentaire que certains auteurs et personnages n’avaient aucune chance d’être évoqués à l’oral du concours, contrairement à d’autres…

Olivier Tacheauseptembre 18th, 2009 at 22:02

@phelly : vous avez raison, je m’entête à voir une forme de reproduction sinon sociale du moins culturelle là où il ne s’agit que de pur hasard. Pur hasard qu’il y ait peu voire pas de candidats présents et donc retenus après des études supérieures commerciales, scientifiques, techniques, juridiques, sociales, informatiques, médicales… et n’ayant pas forcément côtoyé ce qu’il FAUT savoir (?!?) comme vous le dites dans leur cursus et intégré dans leur habitus. Ne seraient-ils pas intéressés à rejoindre cette future élite ;-) que sont les conservateurs ? Ne seraient-ils pas capables pour autant d’être de bons conservateurs ? Les bibliothèques n’auraient-elles aucun intérêt à recruter de telles compétences à des niveaux élevés de responsabilité autant que des humanistes issues de filière Lettres et Histoire ? Et puis franchement, le mythe de l’enseignant humaniste c’est bon pour David Lodge, car il y a aussi beaucoup d’enseignants qui ne comprennent pas plus que le conservateur soit ignare en maintenance immobilière, informatique, biochimie, gestion, géographie, mathématique, psychologie, économie… Quant à « la place importante » du conservateur dans le milieu universitaire, je ne vois qu’un métier, comme les autres, ni sacerdoce, ni sinécure, juste une fonction principalement technique et dans une part infime, scientifique, ni plus ni moins noble que les autres.

Monavalotteseptembre 20th, 2009 at 22:09

J’ai visité l’Institut National du Patrimoine (locaux et centre de doc galerie Colbert et surtout ateliers (dont atelier papier et livres) et labos à Saint Denis) pour ls journées du Patrimoine, ben je vous assure, l’épreuve de culture gé du concours de conservateur de bib, c’est de la gnognotte par rapport au concours d’entrée à l’INP !

phellyseptembre 21st, 2009 at 08:27

@Olivier Tacheau : nous sommes d’accord, donc. Le problème n’est pas l’exclusion de Beckett et de Hitchcock à l’oral des concours (ce qui reste à prouver), mais plutôt l’exclusion de toutes ces connaissances techniques, commerciales… etc, que vous citez.

La question reste : il faut bien pour juger et classer les gens (puisque c’est ainsi que fonctionne un concours) avoir une idée de ce qui est plus indispensable de savoir que le reste… (à moins de créer un concours de conservateur de bibliothèque différent pour chaque filière! je crois que le recrutement des bibliothécaires fonctionne ainsi dans d’autres pays).

S’il faut trouver un point commun à la culture des conservateurs ou des bibliothécaires, les humanités sont un socle que je trouve pour ma part intéressant. J’ajoute : un informaticien, un sociologue ou un médecin qui en serait complétement dépourvu, ça me poserait problème.

Olivier Tacheauseptembre 22nd, 2009 at 22:18

@phelly: pas moi ;-)

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