Brumes cubaines
Mario Conde est sans doute, avec Jean-Baptiste Adamsberg, l’un des enquêteurs que je préfère. Peut-être parce qu’ils possèdent tous deux cette désinvolture tragique qui donne un plus au roman policier. L’enquêteur de Leonardo Padura, comme celui de Vargas, ne sait pas trop ce qu’il fait dans la vie et semble revenu de presque tout. C’est un être qui tangue mais qui tire précisément de là une grande lucidité sur les choses. Dans les premières enquêtes, Mario Conde est policier mais on le retrouve dans les livres plus récents démissionnaire des forces de l’ordre, puis chasseur de livres. Dans Les brumes du passé, par exemple, il officie dans une maison à la bibliothèque magnifique où, évidemment, un crime a eu lieu. On peut aussi lire Adios Hemingway, où le Conde, qui vient à peine de quitter la police et veut devenir écrivain, se retrouve face à l’un de ses vieux démons littéraires, Hemingway. Le cadavre d’un agent du FBI a été déterré dans la propriété de l’écrivain. Connu pour ses talents littéraires et pour son intuition, le Conde est appelé à la rescousse par ses anciens collègues de la brigade pour résoudre cette affaire vieille de plusieurs dizaines d’années. Le lecteur suit alors alternativement les recherches du Conde dans la finca Vigia et les derniers moments du vieil écrivain à Cuba. Pour qui aime Hemingway, un régal.
