Dimanche
Pascal Quignard, Lycophron et Zétès, « Note sur les sociétés bicamérales », p. 299 – 300
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Le dimanche
Il y avait un jour voué au vide.
Un repère dans le temps parquait la semaine. C’était le jour du Mystère. A la fois il fermait la semaine, devenue grâce à lui antérieure, et il s’apprêtait à ouvrir, par sa halte, la suivante. Ce jour était donné à Dieu. Il affranchissait du travail qu’il rompait. C’était un signe de ponctuation dans la phrase infinie des heures, des nuits, des aubes.
C’était le jour où lire.
C’était une epochè dans le temps.
*
C’était le samedi pour les Juifs.
C’était le dimanche pour les Chrétiens.
C’était le vendredi pour les Musulmans.
Mais peu importait le choix du jour : c’était comme le zéro dans les nombres. IL fallait ce temps vide pour énumérer le temps dans les dates jusqu’au jour où surviendrait la mort.

Une noeud pochè ? ;o)
De bon matin, devoir chercher un mot nouveau… bonne journée qui commence.
« Chez les sceptiques, l’épochè désigne la suspension du jugement. Car si le vrai est inaccessible, ou difficile d’accès, alors tout jugement trop rapide sera nécessairement faux. L’épochè permet alors d’accéder à l’apathie et à l’ataraxie, et donc au bonheur.
Chez Husserl et dans la phénoménologie, l’épochè désigne la « mise entre parenthèses » de la thèse naturelle du monde, c’est-à-dire la croyance à la réalité extérieure du monde. » d’après la Wikipedia
J’aime bien ça aussi, sur l’épochè :
http://www.philo5.com/Les%20philosophes%20Textes/SextusEmpiricus_CinqTropesPourL‘Epoche.htm
Bien cordialement
B. Majour
Je trouve ce terme d’épochè décidément très riche de sens et passionnant, merci d’en avoir rappelé le sens
Merci beaucoup pour ce texte. J’aime beaucoup Quignard et son vocabulaire…
J’ai appris un nouveau mot
Même sans mots à apprendre, Quignard vaut la peine d’être lu