Un nègre littéraire, l’écrivain de l’ombre, au service d’un commanditaire


Un « nègre littéraire » est un écrivain qui réalise un ouvrage au profit d’une autre personne. Sa signature n’apparaît donc pas. Le terme et la fonction sont apparus au moment de la colonisation des pays africains. Cela renvoie à une fonction servile, et à une connotation péjorative et surtout raciste.





Un terme raciste et une fonction servile

Le terme de « nègre » à connotation très péjorative, désigne une personne de couleur noire. Il est apparu avec la colonisation et l’exploitation des pays africains par les Occidentaux, se considérant comme supérieurs. Ces personnes sous l’emprise des colons, sont obligées de travailler sans reconnaissance, sans rémunération et dans les conditions inhumaines de l’esclavagisme. Au XVIIIe apparaît le terme de « nègre littéraire » renvoyant à la même référence de fonction servile. La personne réalise alors un travail de rédaction, dont le profit est attribué au commanditaire puisque la signature du texte ou de l’ouvrage porte son nom. Le véritable écrivain, lui, reste anonyme et non reconnu pour ses qualités. Une fonction et un terme qui sont aujourd’hui toujours appliqués.

Une pratique toujours en vigueur

La fonction de « nègre littéraire » est toujours actuelle. Nombreux sont les écrivains anonymes qui écrivent pour d’autres. Le recours à une tierce personne comme écrivain se fait généralement pour la rédaction de l´autobiographie d’un artiste, d’un personnage politique ou d’un sportif. Par manque de temps ou de compétences, et surtout pour répondre à la demande des lecteurs, l’emploi d’un écrivain reste fréquent. Mais celui-ci est censé être tenu au secret. Il ne doit normalement pas dévoiler pour qui et pour quel ouvrage il a prêté sa plume. Il ne se met donc pas en avant. Mais le tabou se lève peu à peu. De plus en plus de personnes souhaitent préciser la collaboration de tel ou tel écrivain à leur ouvrage. Face à une connotation raciste et totalement incorrecte, certains tentent de faire changer le terme employé. L’expression est alors remplacée par celle de « prête-plume » ou « écrivain fantôme ».

Image: Paul Lampard